Maatrubhumi : les révélations folles sur la pression politique autour des reshoots
On savait que le projet Maatrubhumi était un enfer de développement. Les dernières révélations de la presse indienne nous dévoilent un problème qui dépasse largement le désaccord artistique.
Initialement intitulé Battle of Galwan puis renommé Maatrubhumi, le nouveau projet mettant en scène Salman Khan enchaîne les polémiques depuis plusieurs mois. On l'écrivait le mois dernier à l'occasion du changement de titre : le film devait être bouclé en 45 jours mais s'est vu rajouter 40 jours de reshoots. Certains journalistes affirmaient que le changement de titre et les reshoots étaient liés aux récents accords entre le gouvernement de Narendra Modi et la Chine. Le réalisateur Apoorva Lakhia affirmait d'ailleurs que les reshoots contenaient essentiellement des scènes qui se concentraient sur les émotions et non pas sur le combat entre armée indienne et armée chinoise. On apprend ce matin via Bollywood Hungama que les reshoots de Maatrubhumi sont bien le fruit d'une pression politique et non pas d'un désaccord artistique.
Le célèbre site révèle que c'est le Ministre des Armées en personne qui a exigé ces changements afin de ne pas nuire aux relations fraîchement apaisées entre l'Inde et la Chine. Une pression politique si intense que le film n'a tout simplement plus le droit de mentionner la Chine dans ses dialogues. Les producteurs de Maatrubhumi viennent de soumettre un tout nouveau montage au CBFC dans lequel le pays ennemi n'est jamais mentionné. De nombreuses séquences de guerre ont été remplacées par des séquences romantiques ainsi qu'un développement beaucoup plus important de la vie familiale du héros. C'est simple, le long-métrage n'a tout simplement plus rien à voir avec ce qu'il était censé être. Et le budget a probablement explosé à cause des reshoots. Difficile de ne pas voir l'ironie de la situation. Le BJP ne cesse de saluer les films de propagande anti-pakistanais comme des actes courageux mais ce même parti fasciste est le premier à faire taire les œuvres qui pourraient vexer ses nouveaux alliés. Une belle leçon de liberté d'expression.

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