Top 20 : mes 20 films indiens préférés de 2025


Avant de définitivement lancer cette nouvelle année de cinéma, c'est l'heure pour une toute dernière rétrospective de l'année cinématographique qui vient de se terminer.

Comme promis dans le dernier épisode de Discordia, voici ma liste des 20 films indiens qui ont marqué l'année 2025 à mes yeux. Un gros tri a été nécessaire puisque l'année était extrêmement riche, particulièrement du côté des industries régionales. Vous pouvez accéder directement à ma liste sur Letterboxd en cliquant ici. Et si vous voulez plus d'explications, je détaille mes choix dans cet article.


1. Retro de Karthik Subbaraj

Le retour du génie Subbaraj après son chef-d'œuvre Jigarthanda Double X était particulièrement attendu. Fidèle à sa réputation, le cinéaste tamoul livre un film punk, chaotique, généreux et hautement politique. Formellement passionnant (on y trouve aisément le plus beau plan séquence de l'année), porté par la musique enragée de Santosh Narayanan et la performance d'un Suriya des grands jours, Retro fait partie de ces films qui restent en tête et grandissent au fil du temps. J'avais déjà beaucoup apprécié le film à sa sortie (ma critique est dispo ici) mais à force d'y penser et de le revoir, je dois bien avouer que c'est l'expérience la plus hallucinante de l'année passée toute industrie indienne confondue.


2. Superboys of Malegaon de Reema Kagti

Fidèle collaboratrice de Zoya Akhtar, Reema Kagti fait partie de ces talents de l'ombre du cinéma hindi qui n'ont clairement pas la reconnaissance qu'ils méritent. En adaptant le documentaire Supermen of Malegaon sorti en 2008 en long-métrage de fiction, la cinéaste livre un des films les plus doux et sensibles de l'année. C'est sincère, sans prétention, passionné et surtout le film déborde d'un amour inconditionnel envers le cinéma. La preuve que le "petit" cinéma d'auteur hindi est encore bien vivant et qu'il y a encore de la place pour ces œuvres à l'heure des blockbusters pan-indiens.


3. Kantara - A Legend : Chapter 1 de Rishab Shetty

En parlant de blockbuster pan-indien, impossible de ne pas citer le plus beau spectacle épique de l'année 2025. Avec ce préquel, Rishab Shetty corrige la plupart des défauts du premier opus sorti en 2022 et en décuple les plus grandes qualités. Visuellement sublime, le film profite parfaitement de son budget pour construire des décors fous et se reposer en grande partie sur des effets pratiques comme on aimerait en voir bien plus souvent. Expérience épique, spirituelle, entre transe et délire démesuré, ce Kantara - A Legend n'a pas à rougir face aux meilleurs blockbusters pan-indiens de ces dernières années. Vous pouvez m'entendre en parler plus longuement dans le dernier épisode de Discordia (Pendant ce temps en Inde - épisode 4).


4. Eko de Dinjith Ayyathan

Le cinéma malayalam s'est à nouveau surpassé pour nous offrir des films sublimes, à l'écriture remarquable. Eko incarne tout ce qu'on aime à Mollywood : un scénario béton au twist final redoutable, une photographie à couper le souffle (le chef opérateur est d'ailleurs aussi scénariste du film), une expérience artistique déconcertante et des performances puissantes. Un cinéma de l'économie (à peine 5 crores de budget) qui nous offre certaines des plus belles images de l'année. Mentionné dans le dernier épisode de Discordia.


5. Bison Kaalamaadan de Mari Selvaraj

Cinéaste militant qui maîtrise à la perfection l'art de proposer des œuvres politiques mais également très exigeantes sur le plan cinématographique, Mari Selvaraj est revenu en très grande forme avec ce film sportif consacré au kabaddi. Dhruv Vikram livre une performance qui fera la fierté de son père, la musique de Nivas K. Prasanna est absolument sublime. Et le film trouve un équilibre passionnant entre récit sportif qui réinvente les codes du genre et commentaire brutal sur le système de castes. Un véritable choc qui captive pendant près de 3 heures. Mentionné dans le dernier épisode de Discordia.


6. Thudarum de Tharun Moorthy

Le cinéma malayalam est souvent réputé pour ses polars particulièrement efficaces et Thudarum en est l'illustration parfaite. Une intrigue solide, un antagoniste saisissant, des twists parfaitement amenés, une petite dose de drame familial et le tour est joué. Les fans ont pu retrouver un Mohanlal du niveau de la saga Drishyam, le tout porté la mise en scène brillante de Tharun Moorthy. Un modèle du genre qui a totalement mérité son triomphe critique et commercial.


7. Kaantha de Selvamani Selvaraj

Hommage brillant au cinéma tamoul des années 50, dans son premier acte Kaantha offre probablement ce qui s'est fait de plus brillant en Inde l'année passée. Dommage que le deuxième acte façon whodunnit ne tienne pas aussi bien la route. Reste que le long-métrage de Selvamani Selvaraj est une petite merveille technique qui alterne les formats d'image, joue entre la couleur et le noir et blanc, pousse ses acteurs dans des registres complexes avant d'offrir une conclusion saisissante et amère. Inégal mais passionnant. Là encore, mentionné dans le dernier épisode de Discordia.


8. L2 : Empuraan de Prithviraj Sukumaran

Six ans après le succès de Lucifer, Prithviraj offre une suite à son thriller politique. Plus spectaculaire, plus ambitieux et encore plus clair dans son propos politique, L2 : Empuraan souffre lui aussi d'une écriture inégale mais fait partie des films les plus importants de ces dernières années. La longue séquence d'ouverture justifie à elle seule l'expérience. Sans oublier la bande-originale sublime. En espérant qu'il faudra attendre moins de six ans pour la conclusion de cette trilogie.


9. Alappuzha Gymkhana de Khalid Rahman

Encore un film malayalam et cette fois-ci on change drastiquement de registre. Comédie de potes, tranche de vie, film sportif...Alappuzha Gymkhana est un peu tout ça à la fois et bien plus encore. Un film jeune, frais, attachant, qui se permet des folies de mise en scène et décide même d'arrêter totalement sa narration pour se transformer en shonen avec un arc de tournoi dans son deuxième acte. Khalid Rahman dynamite les codes de Mollywood et on comprend aisément l'engouement de la jeune génération autour de ses films.


10. Lokah : Chapter 1 - Chandra de Dominic Arun

Pari fou auquel personne ne croyait qui est finalement devenu le plus gros succès de l'histoire du cinéma malayalam, Lokah : Chapter 1 - Chandra est un véritable phénomène pop culture. Entre comédie, fantastique, super-héros et récit mythologique, le long-métrage puise dans le folklore local pour poser les bases d'un univers étendu riche et extrêmement prometteur. Malgré de grosses limites budgétaires, Dominic Arun livre un film très compétent dans son exécution technique et offre quelques moments de bravoure mémorables. Le tout avec un Jakes Bejoy en feu à la musique. Là encore, on en parle plus longuement dans le dernier épisode de Discordia.


11. Jugnuma (The Fable) de Raam Reddy

Acclamé dans de nombreux festivals depuis 2024, Jugnuma est enfin sorti au cinéma l'année dernière. Le cinéaste à qui l'on devait le déjà excellent Thithi met en scène une fable étrange, déconcertante, avec le fabuleux Manoj Bajpayee en rôle principal. Entre pur cinéma d'auteur contemplatif et conte merveilleux, Jugnuma est sublimé par son format unique (le film est tourné en 16mm) et son grain d'image si rare en fait un objet précieux. Un film exigeant, qui invite à se perdre et offre une des expériences poétiques et sensorielles les plus marquantes de l'année passée.


12. Ponman de Jyothish Shankar

Entre comédie noire, film social et pur polar rural, Ponman est une autre grande réussite du cinéma malayalam. Basil Joseph confirme son immense talent d'acteur (on le savait déjà excellent cinéaste) et le film livre une critique jubilatoire des traditions religieuses et de l'avidité. Drôle, attachant, capable de grands moments de tension...à découvrir absolument.


13. Sister Midnight de Karan Kandhari

Autre film de festival qui est sorti en 2025 après une longue attente, Sister Midnight était décrit par son cinéaste comme "une œuvre punk, féministe et expérimentale". Difficile de le contredire tant son long-métrage surprend et se réinvente en permanence. Radhika Apte est magnétique en femme au foyer frustrée qui se transforme peu à peu en vampire. Malgré un faux rythme qui peut perdre une partie du public, Sister Midnight est un film féroce, toujours inventif et sincère.


14. Ronth de Shahi Kabir

Ancien flic reconverti en réalisateur, Shahi Kabir propose avec Ronth de suivre une patrouille nocturne dans un village du Kerala. Que l'on adhère ou pas au propos du film, Ronth est une expérience immersive diablement efficace. Réussite technique indéniable, porté par une photographie soignée et un récit très resserré qui permet à la tension de monter crescendo, ce polar malayalam est une expérience qui mérite le détour. On regrettera peut-être un final un peu trop démonstratif mais c'est clairement une des grandes réussites de l'année passée.


15. Stolen de Karan Tejpal

Remarqué dans plusieurs festivals, Stolen a dû attendre deux longues années avant d'être accessible. Sans distributeur indien, ce thriller s'est retrouvé noyé dans le catalogue sans fin d'Amazon Prime Video. Un bien triste sort pour ce petit film qui méritait largement plus d'attention. En nous racontant l'enlèvement d'un bébé, Stolen s'attaque à de nombreux thèmes sociaux et propose une expérience courte (1h30 environ) mais intense. De quoi nous rappeler l'époque où le cinéma hindi nous proposait des films de genre comme NH10 et que le grand public suivait. Si vous aimez ce style, foncez découvrir Stolen.


16. Rekhachithram de Jofin T. Chacko

Parmi les premiers succès surprise de l'année malayalam, Rekhachithram est un thriller psychologique bien ficelé et particulièrement bien mis en scène. Visuellement passionnant, le film est à la fois une enquête trouble et une déclaration d'amour au cinéma régional. Sans être un immense classique, on a une recette maîtrisée, un casting solide et un bel objet cinématographique. Un must pour les amateurs de polar à l'indienne.


17. The Girlfriend de Rahul Ravindran

On pourrait décrire The Girlfriend comme l'anti Kabir Singh. Un faux film romantique qui décide de nous raconter une relation toxique à travers les yeux d'une jeune femme qui réalise peu à peu la dangerosité de son compagnon. Rashmika Mandanna livre probablement la plus grande performance de sa carrière. Si l'écriture ne fait pas dans la finesse, The Girlfriend est une critique cruciale des héros toxiques glorifiés par le cinéma indien ces dernières années. Un peu trop lisse et sage dans sa mise en scène pour se trouver plus haut dans cette liste, le film reste une très belle réussite.


18. Diés Iraé de Rahul Sadasivan

Peut-être pas le choc qu'on attendait tous de la part de Rahul Sadasivan après le magnifique Bramayugam, mais Diés Iraé reste une proposition originale de la part du cinéaste. Le premier acte offre quelques moments de frousse franchement efficaces, en revanche la bascule vers un film d'enquête plus classique en deuxième partie ne fonctionne pas aussi bien. Quoi qu'il en soit, Sadasivan continue de sonder les fantômes du Kerala. Il filme à nouveaux l'obscénité de l'opulence, les liens familiaux toxiques, l'arrogance de ses protagonistes mal-aimables, le tout menant à un final sans rédemption. Imparfait mais riche en pistes de lecture.


19. Cactus Pears de Rohan Kanawade

Ce tout petit film d'auteur marathi aborde avec énormément de courage et de douceur une romance entre un jeune homme endeuillé et un fermier dans la campagne indienne. Entre la prison des traditions et l'envie de liberté, le film pose un regard unique et profondément humain sur ses personnages. On est sur du pur cinéma de festival, attention donc au rythme particulièrement exigeant si vous n'avez pas l'habitude de sortir des sentiers commerciaux.


20. Saiyaara de Mohit Suri

C'est le Aashiqui 2 de la Gen Z. Mohit Suri revient avec une romance musicale qui révèle deux jeunes talents (et potentiellement deux futures grandes stars de Bollywood) avec un album romantique, mélancolique et qui reste en tête. Du pur cinéma bollywoodien qui connaît parfaitement ses gammes et les applique à merveille. Il n'est pas difficile de comprendre l'immense engouement du public autour de ce petit film sur lequel personne ne pariait. Mohit Suri confirme sa capacité à renouveler son cinéma et à séduire le grand public, génération après génération.

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